Les aventure d'un demi plan
 
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 Tel père, telle fille?

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Ophrae
Coquin/Coquine


Nombre de messages : 13
Date d'inscription : 28/05/2009

MessageSujet: Tel père, telle fille?   Mar Aoû 18 2009, 20:36

Qu'était-il au juste après 3 siècles d'emprisonnement dans la Tour? Avait-il encore une âme, un esprit, un sens? On peut penser qu'il n'était plus que particules faisant corps avec les murs épais de sa geôle, irradiant parfois de quelques souvenirs confus du temps de sa splendeur. Lucioles erratiques amères déambulant sans grande conviction ni perception dans les pièces et les couloirs, pulsant des fenêtres par nuit noire, inquiétant les rares passants qui venaient jusque là. Oh, bien sûr, il y avait l'aura menaçante qui entourait le bâtiment, comme une mise en garde... efficace pour écarter les curieux, sauf une.

Quand elle est entrée avec son compagnon, il y a eu comme une brêche brutale dans le quotidien terne, épuisé ; une bouffée inespérée de cohésion qui a fait converger les lucioles en pinceaux lumineux sur les pentagrammes tracés il y a tellement longtemps. Savait-il pourquoi? Non, il était si ténu, à bout de ne pas être.
Par contre il l'a reconnue quand elle est entrée dans les faisceaux chatoyants de lumières irisées, parce qu'elle, l'angoisse sourde émanant des lieux la faisait foncer droit devant au lieu de partir en courant. Il s'était concentré et avait puisé suffisamment de force dans la source presque similaire qu'il y avait retrouvé de la cohérence et son histoire.

Depuis, à travers elle, liée sans qu'elle le sache au départ, il avait entendu les nouvelles du dehors, diverti par ses façons de faire à elle, hors normes mais si proches au fond des siennes, et puis il l'avait vu lui, le traître, le maudit -se pouvait-il qu'il fut encore si accessible?- et là, comme une évidence, sachant ce qu'il s'avait déjà de la fille, le moyen de changer radicalement la donne, des myriades de possibles soudain ouverts à celui qui était figé dans le présent, sans même un avenir de mort.

Et il prit son temps, le hors du temps, pour réunir ces deux-là dont il avait besoin, laissant la bride sur le cou de la fille parce qu'il avait remarqué qu'il n'était pas utile de la manipuler : était-ce leur lignée commune qui faisait qu'elle agissait exactement comme il fallait, à croire que ses objectifs avaient beaucoup à voir avec les siens?

S'il su exploiter les compétences d' Enlil, il ne se douta pas immédiatement qu'elle faisait de même...
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Ophrae
Coquin/Coquine


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Date d'inscription : 28/05/2009

MessageSujet: Re: Tel père, telle fille?   Jeu Aoû 20 2009, 17:46

Et puis à vrai dire, il fit avec ce qui venait, n'était-ce déjà pas inespéré ?
Si rien ne marcha vraiment comme il l'aurait souhaité, il n'en fit pas grand cas, tout entier réuni à nouveau et tellement centré sur sa conscience qui renaissait.

C'est lui qui insuffla à Enlil la certitude de son lien de parenté avec R.. C'est lui qui guida ses pas à nouveau dans la montagne. C'est lui qui la poussa vers ce point d'abîme si cher à R. qu'il y restait immobile, absent à tout, même à lui-même, de longues heures durant, ses cheveux carminés fouettés par les rafales glaciales et le regard perdu dans les noirceurs abyssales. C'est lui encore, devant l'absence totale de réactions de R. à sa venue, qui la convainquit encore qu'elle n'était pas plus qu'un moucheron à ses yeux. C'est lui qui l'amena, lourde de désarroi et du sentiment de n'être rien pour celui qui était tout à ses yeux, vers la lourde porte obscure où le dormeur se réveillait.
Il voulu l'obliger à entrer et la prendre comme une offrande ou un appât, mais elle lui résista, -était-il vraiment si faible, pas capable de seulement dominer une donzelle fut-elle de son propre sang- lui abandonnant un corps inerte, impossible à manoeuvrer, regroupant son esprit en un petit noyau compact, inattaquable, au degré de conscience en veille pourtant. Il fut obligé de faire avec le peu de ce qui lui restait et il éleva à l'approche de R., un équivalent maladroit de voix, dont les tonalités inhumaines au départ, s'arrangèrent, finissant par emprunter les cordes vocales d'Enlil parce qu'elle lui permit. Pourquoi cette complaisance? avait-il vraiment le loisir et l'utilité de se le demander? non. Il para au plus pressé : retenir R. près d'Enlil, forcer son intérêt. Tant et si bien qu'il ne fut pas déçu de les maintenir juste à l'extérieur, contre de la porte, lourde et bavarde comme une bouche.

D'ailleurs, elle vint la franchir de son plein gré, la Bouche, faisant même mieux, apportant quelques affaires et s'installant carrément dans les pièces hantées. Sans mot dire, ils passèrent un accord tacite puisque leurs buts se rejoignaient. Elle se couchait délibérément sur le sol gelé, permettant sa possession, baignant dans sa fantasmagorie hideuse et débridée. Ses souvenirs, ses obsessions d'auparavant et de maintenant, avaient pour objectif de la façonner, de l'aiguiser comme un outil ; ce qui était d'autant plus aisé que c'était dans sa nature profonde d'être imprégnée par ce ou ceux qu'elle cotoyait. Et celle-ci elle lui prenait des informations certes sûrement déformées, mais c'était mieux que rien, sur ses racines ainsi que des façons bien personnelles de concevoir les choses. Il puisa à sa force vitale pour se reconstruire et la doucha de ses folles lumières pour la faire se ressourcer quand elle se levait, exsangue et sur le point de tomber, soufflée de toute énergie.
Elle lui apporta de petits rongeurs qu'il incorpora, retrouvant le plaisir de déambuler même dans un squelette insignifiant et ils continuèrent ainsi leur coopération dont seule l'amorce était identique mais, ils ne l'ignoraient ni l'un ni l'autre, se devait bifurquer bientôt, chacun ayant ce qu'il voulait : R. attiré inexorablement par ce qui se tramait, peut-être incapable de se dépêtrer de la toile familiale qui se tissait autour de lui, quand bien même il l'aurait voulu et il se pouvait qu'il ne le veuille pas... qu'il ait lui aussi ses raisons...
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